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Ambition et objectifs
Depuis son origine l’économie industrielle est caractérisée par deux orientations majeures.
La première privilégie l’étude empirique des structures de marchés et s’inscrit dans le prolongement des approches développées dans les années cinquante (E. Mason). Cette approche, plutôt sectorielle, a beaucoup évolué depuis le paradigme S-C-P initial. Si elle s’est développée au travers d’études de cas et d’analyses empiriques détaillées, elle présente l’intérêt d’avoir donné lieu à un certain nombre de travaux économétriques qui ont contribué à une meilleure compréhension des phénomènes étudiés. L’une des voies de développement de cette tradition se retrouve aujourd’hui dans les études d’analyse stratégique réalisées par certains consultants (Porter notamment). Celles-ci montrent que les entreprises d’un même secteur peuvent avoir des comportements très différents et être à l’origine de performances sensiblement hétérogènes.
La seconde orientation privilégie l’approche théorique et emprunte aujourd’hui bon nombre de ses concepts et de ses modèles à la théorie micro-économique. Elle a conduit à faire émerger ce que l’on a appelé une « nouvelle » économie industrielle qui reconnaît aux entreprises la capacité de prendre des décisions stratégiques. L’approche stratégique est ici inspirée directement de la théorie des jeux qui a joué un rôle très important dans ces développements (Tirole).
Cette double orientation n’épuise pas en fait l’univers des thématiques de l’économie industrielle contemporaine dont on mesure alors la complexité et l’étendue. D’abord parce l’innovation tend à occuper une place de plus en plus importante dans la discipline et que, depuis une vingtaine d’années, s’est développé un courant original, l’évolutionnisme, dont l’ambition est, par des démarches théoriques et inductives notamment, de produire des modèles et des conceptualisations destinées à permettre une meilleure compréhension et une endogénéisation des processus d’innovation (Nelson et Winter, Dosi). Ensuite parce que ces développements ont permis de renouer avec une tradition qui remonte à Marshall et, plus près de nous, à E. T. Penrose. Cette tradition est celle de la création de ressources par les entreprises. Finalement, l’économiste industriel en arrive à reconnaître l’importance des processus de décision et de l’organisation internes des entreprises. Il privilégie des approches dynamiques plutôt que des analyses en terme d’équilibre. Il reconnaît l’hétérogénéité des comportements des acteurs et l’existence de modèles différenciés selon les secteurs, selon leur stade de développement ou encore selon certaines caractéristiques technologiques.
Les enseignements du DEA s’appuieront sur ses différentes traditions. Non par souci d’exhaustivité. Mais, plus simplement, parce que leur pertinence est relative aux questions posées ou aux domaines d’étude, et que nous ne disposons pas d’un cadre analytique rigoureux permettant de les intégrer toutes et, éventuellement, de les hiérarchiser.
Dans cette perspective, le projet de DEA qui suit répond aux préoccupations suivantes :
1. assurer une formation de base faisant ressortir la diversité des modèles, des concepts et des théories ainsi que leurs pertinences relatives : cf. enseignements sur les Fondements de l’économie industrielle (tronc commun), sur l’Economie de l’innovation (tronc commun), sur la Concurrence imparfaite (option Economie Industrielle Théorique et Appliquée), et sur Les Théories de la firme (option Economie de l’entreprise et stratégies) notamment.
2. souligner l’importance des questions de validation empirique et statistique ce qui sera fait dans le cours de tronc commun sur les Fondements et, plus particulièrement, dans le séminaire sur les Méthodes et outils statistiques de l’économie industrielle (option Economie Industrielle Théorique et Appliquée). Mais notre objectif n’est pas de former des économètres et des statisticiens, ce qui impliquerait un tout autre dispositif. Il s’agit de donner aux étudiants tous les moyens d’interprétation et d’appréciation de la validité d’un certain nombre de thèses, de les sensibiliser fortement à ce souci de validation et d’être en mesure, en partenariat avec des économètres confirmés, de participer à des études quantitatives.
3. former les étudiants à l’approche empirique, en montrer les difficultés ; présenter l’état de l’art et la nature des problèmes auxquels les firmes sont confrontées aujourd’hui dans certains secteurs ; présenter les sources de données disponibles. C’est dans les Séminaires d’application que les étudiants seront appelés à mettre les concepts et les théories à l’épreuve du concret et à obtenir une information précise sur les structures et la nature des stratégies aujourd’hui mises en œuvre.
4. initier les étudiants aux aspects décisionnels et aux conditions de réalisation d’un calcul économique préparatoire aux décisions stratégiques. Cet aspect sera particulièrement approfondi dans l’option Economie de l’entreprise et stratégies au travers des enseignement suivants : Mutation technologique, Mondialisation et stratégie, Théorie des jeux et Théorie de la décision appliquée. (Cet aspect sera abordé dans une perspective d’application des outils et des concepts économiques et non dans une perspective de management).
5. traiter de l’environnement des entreprises, de quelques implications plus méso ou macro-économiques et du contexte institutionnel dans lequel se déploient les stratégies des firmes. C’est ce que permettront de faire les enseignements sur la Politique de la concurrence, sur la Réglementation, ainsi que celui sur Les politiques des groupes dans la mondialisation.
6. traiter les questions d’innovation et de capital risque qui occupent aujourd’hui une place éminente dans les préoccupations des analystes à différents niveaux. Cette dimension sera plus particulièrement abordée dans l’enseignement d’Economie de l’innovation (tronc commun) et dans celui consacré au Financement des entreprises (option Economie de l’entreprise et stratégies).
Objectifs et organisation des enseignements
1. Objectifs pédagogiques, scientifiques et professionnels
1.1- Ambition du DEA
L’ambition du DEA dont le renouvellement est demandé est de former, par l’apprentissage de la recherche, des économistes en mesure d’utiliser un certain nombre d’outils et les connaissances et problématiques disponibles, pour entreprendre des analyses et des études, appliquées, statistiques ou théoriques, dans les domaines concernant les activités industrielles (industrie et service), les entreprises et les groupes, tant au niveau national qu’à celui de l’économie européenne ou de l’économie mondiale.
Cette ambition générale se décline selon cinq objectifs que nous assignons à la formation étudiants :
- Comprendre les développements théoriques les plus récents de l'économie industrielle et la façon dont les outils et méthodes développés permettent une meilleure interprétation du comportement des entreprises sur leurs marchés, ainsi que des évolutions en cours à différents niveaux et dans les principaux secteurs ;
- Tester la validité des hypothèses ou des modèles retenus à partir des données observables ;
- Etudier les mutations des entreprises et de leur environnement concurrentiel et, notamment, les conditions dans lesquelles se développent les innovations,
- Comprendre et être en mesure d’utiliser les méthodes d’analyse conçues pour la formulation des stratégies et les choix d’investissement,
- Offrir une approche pluridisciplinaire ouverte à la fois sur la recherche et les milieux professionnels.
1.2- Débouchés
En formant les étudiants aux principales méthodes et outils d’analyse, différents et complémentaires, utilisés dans la recherche comme dans les études économiques et industrielles, nous entendons les préparer à la profession d’économiste et d’analyste en économie industrielle.
Cette formation vise à répondre aux besoins d'analyse et d'expertise qu’expriment les entreprises, les cabinets de consultants et un certain nombre d’organismes privés ou publics (Fédérations professionnelles, Administrations nationales et internationales). Elle peut déboucher également sur la préparation d’une thèse et l’entrée dans une carrière universitaire ou de chercheur.
Le DEA prépare ainsi aux débouchés professionnels suivants :
- Carrières de l'enseignement supérieur (Maître de conférences, Professeur d'université)
- Fonction de recherche dans les organismes publics (CNRS), parapublics ou privés
- Fonctions d'analyse dans les grandes entreprises, les institutions financières, les banques, les sociétés de capital risque et les compagnies d'assurance,
- Fonctions d'étude dans les administrations régionales, nationales et internationales, dans les organismes chargés du développement économique et social au niveau local (Agences de développement), dans les organismes consulaires (Chambres de commerce et Chambres des métiers...)
- Consultants dans les Sociétés de conseil (en Stratégie, en Organisation, en Développement ou en Ressources humaines...)
- Formateurs dans les Organismes de formation.
1.3- Effectifs
Ce DEA devrait normalement fonctionner avec un effectif d’étudiants se situant entre 20 et 30.
2. Organisation générale du DEA
2.1- Liste des séminaires et obligations des étudiants
Conformément au règlement commun aux DEA de Sciences économiques de l’Université de Paris 1, les étudiants doivent suivre dix enseignements semestriels de 21 chacun, soit un total de 210 heures.
a) Le tronc commun d’enseignement, obligatoire pour tous les étudiants, est composé de deux semestres :
- Economie de l’innovation
- Fondements théoriques et développements récents de l’économie industrielle
b) Le DEA comprend 2 options, chacune comprenant six enseignements semestriels parmi lesquels l’étudiant devra en choisir 3 avant d’en choisir deux autres dans l’une ou l’autre option :
- option Théorie et stratégie des entreprises comprenant les enseignements :
Economie du changement organisationnel
Mutation technologique, mondialisation et stratégie d’entreprise
Théorie de la décision appliquée
Théories de l’entreprise
Théorie des jeux
Théorie financière et financement de l’entreprise
- option Economie industrielle théorique et appliquée comprenant les enseignements :
Concurrence imparfaite
(Dé)réglementation et contrats
Méthodes statistiques pour l’économie industrielle
Modèles de la concurrence
Politiques de la concurrence
Les politiques des groupes dans la mondialisation
c) Pour les trois semestres restants, les étudiants devront choisir :
- un séminaire d’application à choisir parmi une liste de trois :
Industries culturelles et nouvelles technologies
Les secteurs high tech (Télécoms, Informatique, Pharmacie)
Economie des services
- un à choisir parmi : (i) les séminaires d’application non retenus précédemment, (ii) une liste de séminaires optionnels, où figurent un certain nombre de séminaires extérieurs à l’université dépendant d’institutions avec lesquelles des conventions sont passées ou, (iii) s’il est organisé, un séminaire animé par un professeur invité (Pour l’année 2002-2003, nous pressentons Peter ALLEN Professeur à l’Université de Cranfield (U.K.)).
- un séminaire parmi la liste des séminaires communs de l’Ecole Doctorale d’Economie Politique (Pour l’année 2001-2002 : (i) Séminaire de Méthodes économétriques, (ii) Séminaire d’analyse de données (SAS), (iii) Séminaire de Théories économiques contemporaines, (iv) Séminaire sur les Fondements de la théorie néo-classique).
2.2- Diplômes amont requis
Maîtrise de Sciences économiques ou diplôme jugé équivalent.
Sélection à l’entrée : dossier puis entretien.
2.3- Contrôle des connaissances
Règlement commun à l’ensemble des DEA de l’UFR 02
2.4- Rattachements
Le DEA appartient jusqu’à présent à l’Ecole Doctorale d’Economie Politique.
3. Organisation des enseignements
3.1-
cf. tableau récapitulatif
3.2- Composition de l’équipe enseignante prévue
Professeurs et assimilés
GAUBERT Patrice (Professeur de Sciences Economiques, Université du Littoral)
LANTNER Roland (Professeur de Sciences Economiques, Université de Paris 1)
MONNIER Jean-Marie (Professeur de Sciences Economiques, Université du Havre)
PAULRE Bernard (Professeur de Sciences Economiques, Université de Paris 1)
Professeurs étrangers
ALLEN Peter (Cranfield University, UK)
GABSZEWICZ J. J. (Université de Louvain, Belgique)
Maîtres de Conférences et assimilés
DIEUAIDE Patrick (Maître de Conférences, Université Paris 1, HDR)
FARCHY Joëlle (Maître de Conférences, Université de Sceaux, MATISSE)
GALAVIELLE Jean-Pierre (Maître de Conférences, Université Paris 1, Docteur d’Etat)
GUERRIEN Bernard (Maître de Conférences, Université Paris 1, Docteur d’Etat)
HAMDOUCH Abdel (Maître de Conférences, Université Lille, HDR)
LOTTER Françoise (Maître de Conférences, Université Paris 1, Docteur d’Etat)
MONNIER Sabine (Maître de Conférences, Université Paris 1, Docteur d’Etat)
PRADIER Pierre Charles (Maître de Conférences, Université Paris 1)
PIGNOL Claire (Maître de Conférences, Université Paris 1)
Enseignants exercant une activité professionnelle
HOLMES Peter, Consultant et Université du Sussex
LE GOFF Joelle, Chargée de mission, Observatoire des Stratégies Industrielles (O.S.I.), Secrétariat d’Etat à l’industrie, Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie
LE DORTZ Laurent, Docteur en Sciences Economiques, Chargé de mission au Centre Français du Commerce Extérieur
4. Organisation de l’initiation à la recherche
a - En début d’année, conformément au règlement de l’Ecole Doctorale, un tuteur est affecté à chaque étudiant. Il est chargé de le guider dans la définition de son projet de mémoire et du choix de ses séminaires, en fonction de son horizon professionnel souhaité,
b - Par l’intermédiaire de son directeur de mémoire, chaque étudiant est mis en relation avec les chercheurs des équipes d’accueil du DEA, et participe à des séances d’atelier regroupant les étudiants qui préparent leurs mémoires avec le même enseignant ou sur des thèmes voisins.
c - Les stages en entreprise ou au sein d’une équipe de recherche sont possibles dans la mesure où ils facilitent le travail de préparation du mémoire.
d - La participation aux séminaires de l’Ecole Doctorale est un élément complémentaire de cette initiation à la recherche interne au DEA.
5. Potentiel de recherche sur lequel s’appuie la formation
Le DEA s’appuie principalement sur les équipes de recherche composant le MATISSE, UMR n° 8595 Université Paris 1-CNRS (Directeur : Jean-Luc OUTIN) :
- MATISSE-CRIFES (Directeur : Roland LANTNER)
- MATISSE-ISYS (Directeur : Bernard PAULRE)
- MATISSE-LES (Directeur : Edith ARCHAMBAULT)
- MATISSE-SAMOS (Directeur : Marie COTTRELL)
- MATISSE-SET (Directeur : Bernard GAZIER)
Il s’inscrit pleinement dans le cadre des activités et des ressources doctorales de la Maison des Sciences Economiques de l’Université de Paris 1 et du CNRS. Ses étudiants bénéficient notamment des ressources documentaires et des bases de données de Centre de documentation de cet établissement. L’ensemble des enseignements se déroulerait en ce lieu (mis à part certains optionnels : cf. plus loin).
En outre, il bénéficie également de possibilités d’accueil, de ressources documentaires ou de conseil fournies par :
- l’Observatoire des Stratégies Industrielles du Secrétariat d’Etat à l’Industrie
- le Centre Français du Commerce Extérieur
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Adresse où le courrier relatif au DEA (autre que les inscriptions) peut être envoyé :
Anne BARBERO
Maison des Sciences Economiques (M.S.E.)
106-112, Boulevard de l’Hôpital
75013 PARIS